Achat local « Il y a énormément de confusion »

Dimanche, 4 avril, 2021
Danielle Bonneau, La Presse

Extrait :

[...] la maison écologique ERE 132 a été construite et aménagée avec des matériaux et des produits provenant d’une cinquantaine de fournisseurs établis pour la plupart dans le Bas-Saint-Laurent. En tout, environ 80 intervenants ont été mis à contribution, dans le but de montrer qu’il est possible d’employer des produits locaux et verts si on s’interroge davantage.

« Il faut développer le réflexe de se poser des questions, comme quand on va à l’épicerie » 

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« Il faut regarder la provenance des produits et l’impact environnemental que les matériaux peuvent avoir, précise-t-elle. Un revêtement extérieur de vinyle traditionnel, par exemple, ne coûte peut-être pas cher à l’achat, mais il provient du secteur pétrochimique. Déjà, cela ne part pas bien. Il faut ensuite regarder la durée de vie. Est-elle trois fois moins longue qu’un produit plus cher ? Peut-on la prolonger en appliquant de la peinture ou de la teinture plus tard ? Est-ce que le produit peut être recyclé ou est-ce que la seule option sera l’enfouissement ? »

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Pour avoir une meilleure lecture des matériaux d’origine naturelle, le Créneau Écohabitation et quelques partenaires travaillent depuis plus d’un an pour adapter l’étiquette écologique « Produit biosourcé », mise au point en France et aussi adoptée en Wallonie. « Le fait de s’associer à la démarche européenne donne du poids à la nôtre, précise Mme Sirois. On souhaiterait que des certifications comme LEED et WELL attribuent des points spécifiques pour des matériaux et des produits portant cette étiquette. La liste des produits potentiels inclut le bois, le chanvre, le lin, les mycomatériaux, l’asclépiade, la laine de mouton et les algues. »

Emmanuel Cosgrove, directeur général de l’organisme Écohabitation et évaluateur sénior LEED, voudrait mettre au point un système permettant d’identifier les produits québécois dans l’industrie de la construction et de la rénovation. Mais la tâche s’annonce ardue.

« Il y a beaucoup d’étapes dans l’élaboration d’un produit jusqu’à la livraison au chantier, indique-t-il. Valider la part qui est réellement québécoise exigerait toute une méthodologie. [...] »

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« Il y a énormément de confusion, constate Emmanuel Cosgrove. Il faut être vigilant et lire les étiquettes. Un plancher en érable préverni bon marché acheté dans une grande surface peut fort bien être fait à partir de bois nord-américain et avoir été transformé en Chine, tout comme une porte intérieure en pin de marque québécoise, établie dans l’Estrie. Il faut regarder les emballages et vérifier le lieu de fabrication. Dans certains cas, seulement le design a été effectué au Québec. [...] »